Amendement n° 32 sur la mission nationale de prévention du suicide agricole

Scrutin public de l'Assemblée nationale du 4 juin 2026, rejeté : 26 pour, 39 contre, 3 abstentions.

Intitulé officiel : l'amendement n° 32 de M. Humbert à l'article 3 de la proposition de loi visant à prévenir le mal-être et le risque suicidaire dans le monde agricole (première lecture).

Texte : Protéger la santé mentale des agricultrices et des agriculteurs

De quoi s'agit-il ?

**Objet de la proposition de loi** Ce texte vise à prévenir le suicide et le mal-être dans le monde agricole, en rendant visibles, lisibles et accessibles les dispositifs de prévention, d'écoute et d'accompagnement. Il indique que plus de trois cents agricultrices et agriculteurs mettent fin à leurs jours chaque année, soit près d'un par jour. **Le constat présenté** Selon l'exposé des motifs, ce phénomène est documenté depuis plusieurs années, notamment par des rapports de la Mutualité sociale agricole (MSA) et des travaux parlementaires. Aucune politique publique structurée à l'échelle nationale n'aurait toutefois été mise en place, et la récente loi d'orientation agricole n'aborderait pas cette question. Le texte décrit un système composé de dispositifs éclatés (MSA, chambres d'agriculture, associations, collectivités, sentinelles locales, lignes d'écoute). Ces acteurs agiraient souvent efficacement, mais sans coordination nationale, sans cadre partagé ni porte d'entrée unique, ce qui créerait des inégalités entre territoires. **Les trois leviers proposés** - **Sentinelles agricoles (article 1er)** : il s'agit de consolider et de généraliser un réseau de personnes de proximité (voisins, vétérinaires, comptables, salariés de coopératives, élus, agriculteurs) chargées de repérer les signaux de souffrance et d'orienter les personnes vers les dispositifs d'aide. Ce réseau, né en 2021 dans le cadre d'une feuille de route interministérielle, compterait plus de 8 000 sentinelles formées. - **Guichet unique départemental (article 2)** : il s'agit de créer, dans chaque département (ou à l'échelle des collectivités d'outre-mer), une structure centralisant les acteurs d'aide en santé mentale agricole. Elle orienterait vers un soutien psychologique, une aide financière ou un appui administratif, et disposerait de moyens mobiles pour aller vers les agriculteurs isolés. - **Mission nationale (article 3)** : elle fixerait la stratégie nationale, coordonnerait les…

Pourquoi voter pour

** - L'extrait ne concerne pas l'amendement n° 32 de M. Humbert mais l'amendement n° 7, défendu par Mme Béatrice Roullaud (RN). Il vise à inscrire les parlementaires parmi les acteurs du dispositif national des sentinelles agricoles. - Mme Roullaud estime que les députés et les sénateurs sont en première ligne pour remonter les difficultés du terrain : ils reçoivent les plaintes des administrés, dont celles des agriculteurs, lors de leurs permanences et déplacements. - Elle souligne aussi que les parlementaires sont un relais dans le processus législatif et qu'ils doivent être associés au dispositif pour montrer qu'ils sont proches des territoires. - M. Alexandre Dufosset (RN), qui soutient l'amendement, demande pourquoi ne pas l'écrire explicitement dans la proposition de loi, puisque le rapporteur a indiqué que le texte le permettait déjà. - M. Dufosset affirme que les parlementaires sont au contact quotidien des agriculteurs et cite les « feux de la colère ». Il critique aussi certains propos tenus à gauche sur les pesticides, qui, selon lui, pèsent sur le moral des agriculteurs. Ce point porte davantage sur le débat général que sur l'amendement lui-même. **CONTRE :** - M. Arnaud Simion (SOC) juge l'amendement satisfait : rien n'empêche déjà un parlementaire d'être sentinelle agricole. - Il estime que les élus locaux (conseillers départementaux et régionaux) sont plus présents au quotidien auprès des agriculteurs que les parlementaires, et qu'ils sont donc déjà bien placés dans le dispositif. - La ministre Stéphanie Rist (gouvernement) se déclare simplement du même avis que le rapporteur, sans argument supplémentaire exprimé dans l'extrait. - Plusieurs députés de gauche réagissent à la critique de M. Dufosset sur les pesticides : Mme Karen Erodi (LFI-NFP) dit « N'importe quoi », Mme Anne Stambach-Terrenoir (LFI-NFP) répond « Nous n'avons jamais dit ça », et M. Sébastien Peytavie (ECOS) lance « Écoutez donc la science ! ». Ces interventions portent sur les propos tenus, non sur le fond de l'amendement. - Résultat du scrutin : amendement rejeté, avec 26 voix pour et 39 contre.

Pourquoi voter contre

** - M. Arnaud Simion (SOC) juge l'amendement satisfait : rien n'empêche déjà un parlementaire d'être sentinelle agricole. - Il estime que les élus locaux (conseillers départementaux et régionaux) sont plus présents au quotidien auprès des agriculteurs que les parlementaires, et qu'ils sont donc déjà bien placés dans le dispositif. - La ministre Stéphanie Rist (gouvernement) se déclare simplement du même avis que le rapporteur, sans argument supplémentaire exprimé dans l'extrait. - Plusieurs députés de gauche réagissent à la critique de M. Dufosset sur les pesticides : Mme Karen Erodi (LFI-NFP) dit « N'importe quoi », Mme Anne Stambach-Terrenoir (LFI-NFP) répond « Nous n'avons jamais dit ça », et M. Sébastien Peytavie (ECOS) lance « Écoutez donc la science ! ». Ces interventions portent sur les propos tenus, non sur le fond de l'amendement. - Résultat du scrutin : amendement rejeté, avec 26 voix pour et 39 contre.

Le vote de chaque groupe