Amendement de Mme Trouvé sur l'article 19 du projet de loi d'urgence agricole

Scrutin public de l'Assemblée nationale du 29 mai 2026, adopté : 57 pour, 33 contre, 9 abstentions.

Intitulé officiel : l'amendement n° 1736 de Mme Trouvé à l'article 19 du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (première lecture).

Texte : Projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles

De quoi s'agit-il ?

**Objet du projet de loi** Présenté par le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire, ce projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles vise à apporter des réponses rapides et concrètes aux difficultés du monde agricole et à renforcer la souveraineté alimentaire française. Il s'appuie sur les conférences de la souveraineté alimentaire et sur des consultations menées en 2026. **Les cinq titres** - **Titre Ier** : crée des « projets d'avenir agricole », initiés par les acteurs économiques d'un territoire, qui seront reconnus par l'État et les régions s'ils répondent aux priorités de production fixées pour au moins la décennie à venir. - **Titre II** : renforce la protection contre les importations non conformes. Il permet de suspendre ou de conditionner l'importation de denrées contenant des résidus de substances interdites dans l'Union européenne, lorsqu'elles présentent un risque sérieux. Il crée une brigade nationale de contrôle des denrées importées, d'une centaine d'agents, dont les contrôles s'exerceraient aux frontières et sur l'ensemble du territoire. Enfin, il interdit, sauf absence d'offre, de servir dans la restauration collective publique des produits non issus de l'Union européenne. - **Titre III** : simplifie certaines normes et protège le potentiel productif. Il concerne notamment : - l'eau : allègement de la participation du public pour certaines réserves, pouvoir de substitution du préfet en cas de défaillance d'un organisme de gestion collective, facilitation de certains ouvrages de stockage ; - les zones humides : compensations proportionnées à leur état de fonctionnalité ; - les captages sensibles : clarification des rôles des acteurs ; - les terres agricoles : sanctions en cas de non-respect de la compensation collective agricole, priorisation des compensations écologiques sur des espaces peu productifs, zones de transition végétalisées à la charge de l'aménageur, et…

Pourquoi voter pour

- Mme Manon Meunier (LFI-NFP), auteure de l'amendement, estime que les indicateurs interprofessionnels, qui permettent selon elle d'améliorer les négociations lorsqu'ils sont utilisés et mis à jour, sont souvent mis de côté. - Elle propose de rendre leur utilisation obligatoire, sauf impossibilité justifiée, et non plus facultative. - Selon elle, cette obligation permettrait que la construction du prix prenne réellement en compte les coûts de production. - L'amendement a été adopté : 57 voix pour, 33 contre, sur 90 suffrages exprimés.

Pourquoi voter contre

- M. Jean-René Cazeneuve (EPR), rapporteur, dit ne pas être sûr de bien comprendre le sens de l'amendement, car la commission a déjà supprimé le caractère facultatif du recours aux indicateurs interprofessionnels. - Il souhaite rétablir ce caractère facultatif, afin que le recours aux indicateurs reste une question de choix. - Il affirme que le cadre européen impose ce caractère de choix. - Il émet un avis défavorable à l'amendement. - Mme Annie Genevard, ministre, indique simplement « même avis », c'est-à-dire un avis défavorable, sans développer d'autre argument dans cet extrait.

Le vote de chaque groupe