Amendement n° 39 à l'article premier de la proposition de loi sur les rave-parties

Scrutin public de l'Assemblée nationale du 9 avril 2026, rejeté : 28 pour, 131 contre, 4 abstentions.

Intitulé officiel : l'amendement n° 39 de Mme Ranc à l'article premier de la proposition de loi visant à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties (première lecture).

Texte : Renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties

De quoi s'agit-il ?

**Objectif de la proposition de loi** Ce texte vise à renforcer la répression de l'organisation de rave-parties, c'est-à-dire de rassemblements festifs musicaux illicites. Ses auteurs estiment que ces événements présentent des risques pour l'intégrité physique, la sécurité, les biens, la santé et l'environnement. Ils citent notamment le blanchiment d'argent, la soumission chimique, les nuisances pour les riverains, l'incitation à la consommation de drogue, ainsi que des viols, des blessés et des morts. **Constat de départ** Selon le texte, le droit actuel ne prévoit pas de sanctions suffisamment dissuasives. Pour l'organisation d'un rassemblement musical dans un espace non aménagé, malgré une interdiction ou sans déclaration préalable, l'amende encourue est une contravention de cinquième classe, d'un montant de 1 500 euros. **Notion d'organisateur** Le texte relève que la notion d'« organisateur », souvent appelé « facilitateur », est laissée à l'appréciation des juges, dont certains retiennent une définition jugée trop restrictive. Il propose que le législateur définisse l'organisateur de manière plus large. Selon lui, des actes comme installer un mur de son, transporter du matériel de sonorisation ou aménager un espace de repos et de convivialité devraient pouvoir être sanctionnés pénalement. **Mesures proposées** - Instaurer une peine d'emprisonnement de nature délictuelle (le texte ne précise pas la durée). - Rendre la confiscation du matériel obligatoire. **Comparaison avec d'autres pays européens** - Royaume-Uni : la police peut imposer des amendes aux organisateurs de rassemblements illégaux de plus de 30 personnes, pouvant atteindre 11 600 euros. - Italie : depuis 2022, l'organisation et la participation à une rave-party illégale constituent un délit spécifique. Les organisateurs encourent de trois à six ans de prison, et les participants de un à quatre ans. Une amende forfaitaire délictuelle et la confiscation du matériel sonore sont également…

Pourquoi voter pour

- Le groupe RN est à l'origine de l'amendement, présenté comme un amendement « du Rassemblement national » par M. Léaument, qui le décrit comme visant à limiter la liberté des juges. - L'extrait ne contient pas de justification développée de l'amendement par Mme Ranc ni par ses soutiens : le texte n'expose pas le contenu précis de la mesure ni les raisons de son adoption. - Seules 28 voix ont été exprimées pour l'adoption, ce qui indique un soutien limité en séance.

Pourquoi voter contre

- Mme Laetitia Saint-Paul (HOR), au nom de la commission, a donné un avis défavorable. - Mme Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée, a donné un avis défavorable au nom du gouvernement. - M. Antoine Léaument (LFI-NFP) critique l'amendement en affirmant qu'il tend à limiter la liberté des juges, sans toutefois développer son argumentation sur le fond de la mesure. - L'amendement a été rejeté par 131 voix contre, pour 28 voix pour.

Le vote de chaque groupe